Interviews

Des origines aux Trafiquants d'Art

Fred Jourdain / Martin Parrot

«… une vitrine tangible sur mon travail. »

Le projet de boutique sur la 3e avenue, ça vient d'où ?

 

C'est beau de faire des dessins, mais les gens doivent pouvoir les voir. Avant les réseaux sociaux, la meilleure façon d'exposer mon travail était par des expositions dans des cafés et des bars. C'est comme ça que j'ai été capable de vivre de mon art.

 

Quand j'ai commencé à produire des affiches, j'ai rapidement déchanté sur la qualité d'impression que les boîtes commerciales avaient à offrir. Je voulais de la qualité, je voulais que mes couleurs soient belles, que mes tirages résistent au temps et à la lumière.

 

J'ai commencé à faire des recherches sur les différents types d'imprimantes, d'encres, de papiers et j'ai emprunté à la banque pour m'équiper d'un système qui était avant-gardiste pour l'époque. J'avais 19 ou 20 ans. Je n'ai jamais regretté d'avoir fait cet investissement parce que je me suis démarqué en offrant une grande qualité d'impression à un prix honnête.
 


 


Mes expositions fonctionnaient bien. C'est à ce moment que j'ai commencé à offrir l'option à mes clients d'acheter mes affiches encadrées. J'ai fait affaire avec des encadreurs pendant de nombreuses années. Ça fonctionnait bien et c'était assez pratique pour moi autant que pour mes clients. Toutefois, au fil du temps ça a pris beaucoup d'ampleur.

 

J'avais réussi à fonder une belle entreprise qui me permettait de bien vivre de mon travail, mais avec toute cette gestion, je n'avais pratiquement plus le temps de dessiner.

 

T'attendais-tu à un tel succès lorsque tu as commencé ?


Je n'ai jamais eu de master plan, j'ai simplement voulu faire le mieux que je pouvais, et ce, en tout temps et à tous les niveaux (dessin, impression, encadrement, etc.). Je voulais m'améliorer, me surprendre et en même temps, pouvoir faire voir mon travail… d'en faire mon gagne-pain sans que ce soit une job au sens habituel du terme.

 

Dans les débuts, je divisais mon année en plusieurs blocs. J'avais une période où je faisais des contrats et des commandes pour différents clients, graphisme, photo, design, illustration jeunesse, pochettes d'albums, etc., une autre pour des créations personnelles comme ma série d'interprétations par exemple, puis une dernière période où je faisais " tourner " ces illustrations dans des expositions. Les premières années fonctionnaient ainsi, jusqu'à ce que j'arrête pendant 2 ans pour faire Le dragon bleu.
 


Après ce projet-là, j'ai immédiatement recommencé les expos, surtout à Montréal, car on me connaissait déjà bien à Québec. Je voulais voir quelle serait la réponse là-bas. J'en ai aussi profité à ce moment-là pour proposer de plus grands formats, des tirages sur toile et des reproductions un peu plus haut de gamme.

 

Rapidement, une grosse partie de mon temps s'est vu alloué à la gestion d'un site web, d'un inventaire, de l'organisation d'expositions, de l'expédition postale, de l'encadrement, etc.…


Est arrivé Virgile ?

 

Oui, Virgile, c'est le vieil ami avec qui j'avais l'habitude de prendre une bière le soir. À un moment donné, j'étais vraiment débordé et il m'a offert son aide. En encadrant, il s'est mis à me poser des questions sur la business, mes fournisseurs, l'équipement, etc. Ça l'intéressait ! On a commencé à parler d'un scénario où lui pourrait devenir encadreur et gérerait cette entreprise-là qui serait aussi mon point de vente principal. On a fait des calculs, ça faisait du sens à nos yeux et c'était motivant.

 

À partir de là, pendant deux ans on a pensé et repensé à tous les éléments du projet, on a ramassé notre fric et cherché un local. On voulait absolument que ce soit à Limoilou. Deux ans jour pour jour après cette fameuse soirée, on ouvrait l'atelier boutique sur la 3e avenue !
 


Tout est à votre goût ?


On est ouvert depuis le 1er juin 2017. Ça dépasse les attentes qu'on avait au départ. On ne voulait pas d'une galerie prétentieuse, on voulait offrir un service de qualité à prix honnête et aussi mettre à profit, pour les artistes, l'expertise que j'ai en impression et celle de Virgile dans l'encadrement. La réponse des gens est enthousiasmante. Avant d'ouvrir, Virgile a passé beaucoup de temps à Montréal avec un encadreur vraiment exceptionnel que je connaissais. Je lui ai présenté Virgile et on a discuté du projet. Il a proposé d'être son mentor. Toute une opportunité !

 

Autre chose : je n'ai jamais eu d'aussi beaux cadres pour mettre en valeur mon travail et les possibilités sont infinies. De plus, j'ai la certitude que tout sera bien fait parce que Virgile est vraiment talentueux.
 


Au final, as-tu plus de temps pour créer ?

 

Je me suis remis à l'étude du dessin depuis quelques mois. J'explore de nouveaux médiums et je reviens vraiment à la base, à la création et bientôt je reviendrai à mes nombreux projets laissés en suspens. C'est une très belle période pour moi en ce moment.
 


CRÉDITS PHOTOS

ANTHONY JOURDAIN, CATHERINE CÔTÉ, FRED JOURDAIN, MARTIN POULIN, MARTIN CÔTÉ

Copyright 2018 Ó Affranchi

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Quand j'ai commencé à produire des affiches, j'ai rapidement déchanté sur la qualité d'impression que les boîtes commerciales avaient à offrir. Je voulais de la qualité, je voulais que mes couleurs soient belles, que mes tirages résistent au temps et à la lumière.

 

J'ai commencé à faire des recherches sur les différents types d'imprimantes, d'encres, de papiers et j'ai emprunté à la banque pour m'équiper d'un système qui était avant-gardiste pour l'époque. J'avais 19 ou 20 ans. Je n'ai jamais regretté d'avoir fait cet investissement parce que je me suis démarqué en offrant une grande qualité d'impression à un prix honnête.
 


 

Mes expositions fonctionnaient bien. C'est à ce moment que j'ai commencé à offrir l'option à mes clients d'acheter mes affiches encadrées. J'ai fait affaire avec des encadreurs pendant de nombreuses années. Ça fonctionnait bien et c'était assez pratique pour moi autant que pour mes clients. Toutefois, au fil du temps ça a pris beaucoup d'ampleur. J'avais réussi à fonder une belle entreprise qui me permettait de bien vivre de mon travail, mais avec toute cette gestion, je n'avais pratiquement plus le temps de dessiner.

 

T'attendais-tu à un tel succès lorsque tu as commencé ?


Je n'ai jamais eu de master plan, j'ai simplement voulu faire le mieux que je pouvais, et ce, en tout temps et à tous les niveaux (dessin, impression, encadrement, etc.). Je voulais m'améliorer, me surprendre et en même temps, pouvoir faire voir mon travail… d'en faire mon gagne-pain sans que ce soit une job au sens habituel du terme.

 

Dans les débuts, je divisais mon année en plusieurs blocs. J'avais une période où je faisais des contrats et des commandes pour différents clients, graphisme, photo, design, illustration jeunesse, pochettes d'albums, etc., une autre pour des créations personnelles comme ma série d'interprétations par exemple, puis une dernière période où je faisais " tourner " ces illustrations dans des expositions. Les premières années fonctionnaient ainsi, jusqu'à ce que j'arrête pendant 2 ans pour faire Le dragon bleu.
 

Après ce projet-là, j'ai immédiatement recommencé les expos, surtout à Montréal, car on me connaissait déjà bien à Québec. Je voulais voir quelle serait la réponse là-bas. J'en ai aussi profité à ce moment-là pour proposer de plus grands formats, des tirages sur toile et des reproductions un peu plus haut de gamme.

 

Rapidement, une grosse partie de mon temps s'est vu alloué à la gestion d'un site web, d'un inventaire, de l'organisation d'expositions, de l'expédition postale, de l'encadrement, etc.…

Est arrivé Virgile ?

 

Oui, Virgile, c'est le vieil ami avec qui j'avais l'habitude de prendre une bière le soir. À un moment donné, j'étais vraiment débordé et il m'a offert son aide. En encadrant, il s'est mis à me poser des questions sur la business, mes fournisseurs, l'équipement, etc. Ça l'intéressait ! On a commencé à parler d'un scénario où lui pourrait devenir encadreur et gérerait cette entreprise-là qui serait aussi mon point de vente principal. On a fait des calculs, ça faisait du sens à nos yeux et c'était motivant.

 

À partir de là, pendant deux ans on a pensé et repensé à tous les éléments du projet, on a ramassé notre fric et cherché un local. On voulait absolument que ce soit à Limoilou. Deux ans jour pour jour après cette fameuse soirée, on ouvrait l'atelier boutique sur la 3e avenue !
 

Tout est à votre goût ?


On est ouvert depuis le 1er juin 2017. Ça dépasse les attentes qu'on avait au départ. On ne voulait pas d'une galerie prétentieuse, on voulait offrir un service de qualité à prix honnête et aussi mettre à profit, pour les artistes, l'expertise que j'ai en impression et celle de Virgile dans l'encadrement. La réponse des gens est enthousiasmante. Avant d'ouvrir, Virgile a passé beaucoup de temps à Montréal avec un encadreur vraiment exceptionnel que je connaissais. Je lui ai présenté Virgile et on a discuté du projet. Il a proposé d'être son mentor. Toute une opportunité !

 

Autre chose : je n'ai jamais eu d'aussi beaux cadres pour mettre en valeur mon travail et les possibilités sont infinies. De plus, j'ai la certitude que tout sera bien fait parce que Virgile est vraiment talentueux.
 

Au final, as-tu plus de temps pour créer ?

 

Je me suis remis à l'étude du dessin depuis quelques mois. J'explore de nouveaux médiums et je reviens vraiment à la base, à la création et bientôt je reviendrai à mes nombreux projets laissés en suspens. C'est une très belle période pour moi en ce moment.
 

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