Interviews

Des personnages

Fred Jourdain / Martin Parrot

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Des personnages

Fred Jourdain / Martin Parrot

Fred, qu'est-ce qu'un « personnage » pour toi ?

Tu vois, prends Jimi Hendrix par exemple. C’était un guitariste exceptionnel, il avait aussi son look bien à lui, mais c’est vraiment sa personnalité qui m’interpelle. C’était un irrévérencieux, quelqu’un qui est arrivé dans le décor à l’époque et a imposé SA vision de ce qu’était la musique. C’est vraiment son attitude qui me parle.

Leloup, Dylan, Miles et les autres, c’est la même chose. C’est leur personnalité propre qui définit leur art et leurs discours. C’est ce qui les rend intéressant et pertinent. Je n’ai pas envie de faire des portraits à la chaîne en me disant « bon j’ai fait Hendrix, qui est le suivant ? » Il faut que je le feel et ça, ça dépend de mon mood du moment. Je ne prends pas de commande spéciales et je ne marche pas en mode « repeat ». Il faut que je le sente, que je connecte, sinon le résultat n’est pas là.

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Fred Jourdain / Martin Parrot

Fred, qu'est-ce qu'un « personnage » pour toi ?

Tu vois, prends Jimi Hendrix par exemple. C’était un guitariste exceptionnel, il avait aussi son look bien à lui, mais c’est vraiment sa personnalité qui m’interpelle. C’était un irrévérencieux, quelqu’un qui est arrivé dans le décor à l’époque et a imposé SA vision de ce qu’était la musique. C’est vraiment son attitude qui me parle.

Leloup, Dylan, Miles et les autres, c’est la même chose. C’est leur personnalité propre qui définit leur art et leurs discours. C’est ce qui les rend intéressant et pertinent. Je n’ai pas envie de faire des portraits à la chaîne en me disant « bon j’ai fait Hendrix, qui est le suivant ? » Il faut que je le feel et ça, ça dépend de mon mood du moment. Je ne prends pas de commande spéciales et je ne marche pas en mode « repeat ». Il faut que je le sente, que je connecte, sinon le résultat n’est pas là.

 

Si je dessine Hendrix, je m’attends à ce que ma table à dessin soit pleine d’éclaboussures d’encre à la fin… Je dois devenir Hendrix en quelques sortes. La méthode et le résultat est tout à fait différent dans le cas où je dessine une scène mélancolique ou romantique. Ça demande une adaptation, comme un caméléon.

Tu as des exemples d’ adaptation, de ton travail de caméléon ?

Oui. Bob Dylan, par exemple, a été fait en une séance, croquis à main levée, avec la volonté de le garder brouillon, avec une ligne plus loose. Cela dit, le résultat, malgré les lignes qui traversent parfois le dessin de manière aléatoire, fait apparaître la poésie de Dylan. Pour moi, ça représente bien le personnage et sa personnalité.

« (…) Bob Dylan, j’en ai fait un portrait parce que c’est un personnage. »

Et Leloup?

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste. Jean, c’est la sensibilité et l’effervescence des idées. Lui aussi ça part dans tous les sens et il est entouré de toutes ces filles en pensées. Il a deux ou trois sujets récurrents dans ses chansons : les filles, l’amour (qui souvent finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est le personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose parce que je ne connecte pas avec sa personnalité. On est trop éloignés lui et moi. Faut que je sente une une connexion avec mon sujet, que je fusionne avec lui en quelque sorte et qu’à la fin le personnage qui est dépeint soit l’addition de nos deux personnalité, sinon, le résultat sera juste passable.

J’en ai fait des pas pires des dessins qui sont passable, mais je suis de plus en plus difficile envers mon travail. Je pense que c’est une bonne chose même si c’est souvent tortueux haha !

Et Leloup?

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste. Jean, c’est la sensibilité et l’effervescence des idées. Lui aussi ça part dans tous les sens et il est entouré de toutes ces filles en pensées. Il a deux ou trois sujets récurrents dans ses chansons : les filles, l’amour (qui souvent finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est le personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose parce que je ne connecte pas avec sa personnalité. On est trop éloignés lui et moi. Faut que je sente une une connexion avec mon sujet, que je fusionne avec lui en quelque sorte et qu’à la fin le personnage qui est dépeint soit l’addition de nos deux personnalité, sinon, le résultat sera juste passable.

J’en ai fait des pas pires des dessins qui sont passable, mais je suis de plus en plus difficile envers mon travail. Je pense que c’est une bonne chose même si c’est souvent tortueux haha !

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste, comme dans un décor. Lui aussi ça part dans tous les sens et lui aussi il y a plein de filles partout. Les femmes, ça l’inspire…

-il a deux ou trois sujets dans ses chansons : les filles, l’amour (souvent qui finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est un personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… je dirais que mon approche est assez proche de celle de ces musiciens, ceux que je dessine. Je ne pourrais pas, par exemple, peindre Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose. On est trop éloignés lui et moi. Hendrix et les autres, ils m’inspirent et j’aime ça les dessiner.

 


« Il y a comme un phénomène, quelque chose que je recherche en dessinant, comme le fait de « merger » avec le personnage. Dans ce temps-là, je me retrouve moi aussi dans le portrait et c’est là que j’ai le sentiment d’avoir bien fait mon travail. »


Qu’en est-il des personnages fictifs que tu dessines? Frankenstein, l’homme invisible, Dracula? Pourquoi eux? D’où vient ton intérêt pour ces sujets-là?

C’est un peu la même chose. Ce sont des personnages qui me fascinent et qui ont une certaine qualité esthétique que j’apprécie. Frankenstein, par exemple, me passionne depuis que je suis jeune. J’avais des jouets à son image et, à l’adolescence, je regardais les vieux films d’horreur de Universal Monsters où l'on retrouve aussi, justement, l’homme invisible, Dracula, The Creature from the Black Lagoon, etc. J’aime vraiment beaucoup ce genre d’esthétique et j’aime la façon dont ça représente la culture de la modernité américaine.

L’Ed Wood de Tim Burton m’a d’ailleurs marqué de la même façon et a probablement contribué à mon intérêt pour ces vieux films d’horreur.

Qu’est-ce qui guide, dans ce cas, la façon dont tu les dessines?

Concernant Frankenstein : le monstre ce n’est pas lui, c’est son maître, celui qui l’a créé. Frankenstein, au fond, c’est une créature aimante. D’ailleurs, cette réalité est bien illustrée dans les films où le monstre est approché par des enfants qui eux le voient comme il est vraiment : un gentil bonhomme un peu nonchalant.

La fleur à laquelle il manque quelques pétales sur mon portrait est une référence à une scène tragique que j’apprécie dans un des classiques où la créature est jouée par Boris Karloff.

C’est la scène où il tue, par accident et par nervosité, une jeune fille en la lançant dans le lac comme une fleur. Pour moi, ça exprime la fragilité et la maladresse du personnage, tout son malheur dans le fait que le monde qui l’entoure est toujours hors de sa portée, il se fane et disparaît au moindre contact. Franky c’est un beau personnage.


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Fred Jourdain / Martin Parrot

Fred, qu'est-ce qu'un « personnage » pour toi ?

Tu vois, prends Jimi Hendrix par exemple. C’était un guitariste exceptionnel, il avait aussi son look bien à lui, mais c’est vraiment sa personnalité qui m’interpelle. C’était un irrévérencieux, quelqu’un qui est arrivé dans le décor à l’époque et a imposé SA vision de ce qu’était la musique. C’est vraiment son attitude qui me parle.

Leloup, Dylan, Miles et les autres, c’est la même chose. C’est leur personnalité propre qui définit leur art et leurs discours. C’est ce qui les rend intéressant et pertinent. Je n’ai pas envie de faire des portraits à la chaîne en me disant « bon j’ai fait Hendrix, qui est le suivant ? » Il faut que je le feel et ça, ça dépend de mon mood du moment. Je ne prends pas de commande spéciales et je ne marche pas en mode « repeat ». Il faut que je le sente, que je connecte, sinon le résultat n’est pas là.


Si je dessine Hendrix, je m’attends à ce que ma table à dessin soit pleine d’éclaboussures d’encre à la fin… Je dois devenir Hendrix en quelques sortes. La méthode et le résultat est tout à fait différent dans le cas où je dessine une scène mélancolique ou romantique. Ça demande une adaptation, comme un caméléon.

Tu as des exemples d’ adaptation, de ton travail de caméléon ?

Oui. Bob Dylan, par exemple, a été fait en une séance, croquis à main levée, avec la volonté de le garder brouillon, avec une ligne plus loose. Cela dit, le résultat, malgré les lignes qui traversent parfois le dessin de manière aléatoire, fait apparaître la poésie de Dylan. Pour moi, ça représente bien le personnage et sa personnalité.

« (…) Bob Dylan, j’en ai fait un portrait parce que c’est un personnage. »


Et Leloup?

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste. Jean, c’est la sensibilité et l’effervescence des idées. Lui aussi ça part dans tous les sens et il est entouré de toutes ces filles en pensées. Il a deux ou trois sujets récurrents dans ses chansons : les filles, l’amour (qui souvent finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est le personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose parce que je ne connecte pas avec sa personnalité. On est trop éloignés lui et moi. Faut que je sente une une connexion avec mon sujet, que je fusionne avec lui en quelque sorte et qu’à la fin le personnage qui est dépeint soit l’addition de nos deux personnalité, sinon, le résultat sera juste passable.

J’en ai fait des pas pires des dessins qui sont passable, mais je suis de plus en plus difficile envers mon travail. Je pense que c’est une bonne chose même si c’est souvent tortueux haha !


Qu’en est-il des personnages fictifs que tu dessines? Frankenstein, l’homme invisible, Dracula? Pourquoi eux? D’où vient ton intérêt pour ces sujets-là?

C’est un peu la même chose. Ce sont des personnages qui me fascinent et qui ont une certaine qualité esthétique que j’apprécie. Frankenstein, par exemple, me passionne depuis que je suis jeune. J’avais des jouets à son image et, à l’adolescence, je regardais les vieux films d’horreur de Universal Monsters où l'on retrouve aussi, justement, l’homme invisible, Dracula, The Creature from the Black Lagoon, etc. J’aime vraiment beaucoup ce genre d’esthétique et j’aime la façon dont ça représente la culture de la modernité américaine.

L’Ed Wood de Tim Burton m’a d’ailleurs marqué de la même façon et a probablement contribué à mon intérêt pour ces vieux films d’horreur.

Qu’en est-il des personnages fictifs que tu dessines? Frankenstein, l’homme invisible, Dracula? Pourquoi eux? D’où vient ton intérêt pour ces sujets-là?

C’est un peu la même chose. Ce sont des personnages qui me fascinent et qui ont une certaine qualité esthétique que j’apprécie. Frankenstein, par exemple, me passionne depuis que je suis jeune. J’avais des jouets à son image et, à l’adolescence, je regardais les vieux films d’horreur de Universal Monsters où l'on retrouve aussi, justement, l’homme invisible, Dracula, The Creature from the Black Lagoon, etc. J’aime vraiment beaucoup ce genre d’esthétique et j’aime la façon dont ça représente la culture de la modernité américaine.

L’Ed Wood de Tim Burton m’a d’ailleurs marqué de la même façon et a probablement contribué à mon intérêt pour ces vieux films d’horreur.

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste, comme dans un décor. Lui aussi ça part dans tous les sens et lui aussi il y a plein de filles partout. Les femmes, ça l’inspire…

-il a deux ou trois sujets dans ses chansons : les filles, l’amour (souvent qui finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est un personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… je dirais que mon approche est assez proche de celle de ces musiciens, ceux que je dessine. Je ne pourrais pas, par exemple, peindre Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose. On est trop éloignés lui et moi. Hendrix et les autres, ils m’inspirent et j’aime ça les dessiner.

 


« Il y a comme un phénomène, quelque chose que je recherche en dessinant, comme le fait de « merger » avec le personnage. Dans ce temps-là, je me retrouve moi aussi dans le portrait et c’est là que j’ai le sentiment d’avoir bien fait mon travail. »



Qu’est-ce qui guide, dans ce cas, la façon dont tu les dessines?

Concernant Frankenstein : le monstre ce n’est pas lui, c’est son maître, celui qui l’a créé. Frankenstein, au fond, c’est une créature aimante. D’ailleurs, cette réalité est bien illustrée dans les films où le monstre est approché par des enfants qui eux le voient comme il est vraiment : un gentil bonhomme un peu nonchalant.

La fleur à laquelle il manque quelques pétales sur mon portrait est une référence à une scène tragique que j’apprécie dans un des classiques où la créature est jouée par Boris Karloff.

C’est la scène où il tue, par accident et par nervosité, une jeune fille en la lançant dans le lac comme une fleur. Pour moi, ça exprime la fragilité et la maladresse du personnage, tout son malheur dans le fait que le monde qui l’entoure est toujours hors de sa portée, il se fane et disparaît au moindre contact. Franky c’est un beau personnage.

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste, comme dans un décor. Lui aussi ça part dans tous les sens et lui aussi il y a plein de filles partout. Les femmes, ça l’inspire…

-il a deux ou trois sujets dans ses chansons : les filles, l’amour (souvent qui finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est un personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… je dirais que mon approche est assez proche de celle de ces musiciens, ceux que je dessine. Je ne pourrais pas, par exemple, peindre Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose. On est trop éloignés lui et moi. Hendrix et les autres, ils m’inspirent et j’aime ça les dessiner.

 


« Il y a comme un phénomène, quelque chose que je recherche en dessinant, comme le fait de « merger » avec le personnage. Dans ce temps-là, je me retrouve moi aussi dans le portrait et c’est là que j’ai le sentiment d’avoir bien fait mon travail. »

Leloup, lui, j’ai eu beaucoup de misère à le faire. Il ne fallait pas que je le fasse trop ressemblant ou réaliste, comme dans un décor. Lui aussi ça part dans tous les sens et lui aussi il y a plein de filles partout. Les femmes, ça l’inspire…

-il a deux ou trois sujets dans ses chansons : les filles, l’amour (souvent qui finit mal) et le voyage – le promeneur.

Ça, c’est Leloup et c’est un personnage. Je ne dessinerais pas… je ne sais pas… je dirais que mon approche est assez proche de celle de ces musiciens, ceux que je dessine. Je ne pourrais pas, par exemple, peindre Gilles Vignault. Je pourrais faire un beau portrait, mais il manquerait quelque chose. On est trop éloignés lui et moi. Hendrix et les autres, ils m’inspirent et j’aime ça les dessiner.

 


« Il y a comme un phénomène, quelque chose que je recherche en dessinant, comme le fait de « merger » avec le personnage. Dans ce temps-là, je me retrouve moi aussi dans le portrait et c’est là que j’ai le sentiment d’avoir bien fait mon travail. »


Qu’est-ce qui guide, dans ce cas, la façon dont tu les dessines?

Concernant Frankenstein : le monstre ce n’est pas lui, c’est son maître, celui qui l’a créé. Frankenstein, au fond, c’est une créature aimante. D’ailleurs, cette réalité est bien illustrée dans les films où le monstre est approché par des enfants qui eux le voient comme il est vraiment : un gentil bonhomme un peu nonchalant.

La fleur à laquelle il manque quelques pétales sur mon portrait est une référence à une scène tragique que j’apprécie dans un des classiques où la créature est jouée par Boris Karloff.

C’est la scène où il tue, par accident et par nervosité, une jeune fille en la lançant dans le lac comme une fleur. Pour moi, ça exprime la fragilité et la maladresse du personnage, tout son malheur dans le fait que le monde qui l’entoure est toujours hors de sa portée, il se fane et disparaît au moindre contact. Franky c’est un beau personnage.