Printemps 2012 :

le Québec bouille sous un mouvement mobilisateur sans précédent pour une génération réputée pour son apathie politique. Poussés à bout par un projet de hausse des frais de scolarité défendu par le parti Libéral, les étudiants prennent la rue d’assaut. 

Chaque soir, les casseroles retentissent aux quatre coins de la province et de jeunes leaders guident la population dans un soulèvement historique. 

 

Le conflit alimente les débats de fond.  Pour la première fois depuis longtemps, on s’occupe de politique avant qu’elle ne s’occupe de nous.

 

Au cœur de cette crise, les artistes, touchés par l’émotion palpable des jeunes du Québec et par l’impressionnante envergure du mouvement étudiant, se rassemblent et contribuent, chacun à leur façon, à immortaliser ce moment. 

 

Fred Jourdain est invité à participer à l’œuvre collective Je me souviendrai, qui réunit plus de 70 collaborateurs de tous azimuts (journalistes, artistes visuels, auteurs, etc.) et chronique le déroulement des événements.

 

 

 

« Dès l’adolescence, mes dessins avaient une nature contestataire.  J’ai toujours eu de fortes opinions sur à peu près tous les sujets, et je remettais fréquemment en question les figures d’autorité. 

 

Avec le temps, j’ai changé mon approche pour une perspective qui magnifie la réalité et qui donne plus d’importance à l’espoir et la ténacité au lieu de mettre l’emphase sur ce qui me déplaît. »

Au départ, Jourdain prend quelques jours pour réfléchir à sa potentielle implication dans le projet. 

 

L’artiste cherche à exprimer sa frustration par rapport à la situation politique sans nécessairement faire appel à la violence dépeinte dans les médias de grande écoute.  Il cherche donc une perspective plus positive et émancipatrice.

Dans cette première illustration, la jeune femme se tient sur les épaules de la justice, qui veille à ce que l’équité soit respectée jour après jour.  Cette image de départ met le feu à sa poudrière.

 

  « Après un moment j’ai eu le flash de La Vigile. J’étais inspiré par les jeunes femmes qui se tenaient face à face aux policiers en armures tous les soirs… Je voulais représenter ces filles là avec la vigile, mais sous un angle porteur d’espoir.»

 

 

Dans les jours suivants, Jourdain travaille dans l’urgence, poussé par l’effervescence du moment historique.  Au départ, il devait illustrer la couverture de l’œuvre.  Sentant l’inspiration l’envahir, il dessine frénétiquement et produit une trentaine de pages d’illustrations en à peine deux semaines. 

Il fait appel à un ami de longue date, Simon Brousseau, pour produire un texte que ses illustrations viendront appuyer. 

 

N’a plus sommeil qui veut, un récit percutant, se présente dans le résultat final flanqué des dessins de Jourdain.

 

 

« Comme le délai demise en impression était hyper rapide, j’ai délaissé mon approche plus construite et détaillée que j’avais utilisée pour Le Dragon Bleu pour y aller de manière plus directe et gestuelle.

 

Encre noire et rouge seulement. Pas de croquis préalable, tout a été fait d’un trait, si on veut. Ça m’a permis de me recentrer sur la spontanéité de mon trait.  J’ai gardé cette approche sur plusieurs illustrations qui ont suivi au fil des années. »

Le recueil de plus de 250 pages est reçu très positivement par la critique et demeure le témoin d’une période de confusion, d’émotions et de mouvance dans l’histoire du Québec.

 

 

« Concocté dans l’urgence, en à peine un mois, cet ouvrage de 260 pages ne compte pas moins de 70 participants issus de différents milieux, dont le journalisme, l’illustration, la photographie et la bande dessinée. (...) On se doute bien qu’un tel ouvrage, réalisé en un temps de record olympien, ait exigé une gestion sans faille. Au final, Je me souviendrai est à l’image de l’heureux tintamarre qui a pris nos rues d’assaut : spontané, éclectique, festif. »

Jean-Dominique Leduc, Journal de Montréal

 

 

« Je me souviendrai est donc une immersion spectaculaire au cœur du printemps érable, avec ses tours et ses détours, ses revers et ses moments d’intensité, ses coups de gueule et ses coups de matraque. L’ouvrage suit la chronologie des événements, ce qui permet de dresser un portrait aisément saisissable du

déroulement de cette saison unique. »

Annabelle Moreau, Nous autres

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